Bonne nouvelle : il n’existe aucune durée maximale légale pour rester auto-entrepreneur. En théorie, vous pouvez conserver ce statut toute votre vie. En pratique, c’est un peu plus nuancé. Plusieurs conditions peuvent vous forcer à en sortir : dépasser les plafonds de chiffre d’affaires, rester inactif trop longtemps, ou cumuler certains statuts incompatibles. Voici tout ce qu’il faut savoir pour rester dans les règles, anticiper les seuils à ne pas franchir… et savoir quand il est temps d’évoluer.
À retenir :
- Il n’y a pas de durée maximale pour rester auto-entrepreneur : c’est possible toute votre vie.
- Vous sortez du régime si vous dépassez les plafonds de CA deux années consécutives (203 100 € commerce / 83 600 € services en 2026).
- 24 mois sans CA déclaré = radiation automatique par l’URSSAF (8 trimestres si déclaration trimestrielle).
- Les seuils de TVA (85 000 € / 37 500 €) sont distincts des plafonds de CA : les dépasser ne vous fait pas sortir du régime micro.
- Le cumul avec un salariat est possible, sauf clause d’exclusivité.
- Cependant, quitter volontairement le régime peut être judicieux si vos charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire.
La durée du statut auto-entrepreneur : pas de limite, mais des conditions
Contrairement à ce que beaucoup pensent, le statut auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) n’a pas de date d’expiration. Vous pouvez l’exercer pendant 1 an comme pendant 20 ans.
Ce qui peut mettre fin à votre régime micro-entreprise, c’est :
- le dépassement des plafonds de chiffre d’affaires pendant deux années consécutives ;
- une période d’inactivité trop longue sans déclaration de CA ;
- certaines situations de cumul (fonctionnaire, clause d’exclusivité salariale…) ;
- ou une décision volontaire de votre part de changer de structure.
Les plafonds de chiffre d’affaires à ne pas dépasser en 2026
C’est la limite la plus connue — et la plus souvent mal comprise. Le régime micro-entreprise impose un plafond annuel de chiffre d’affaires. En 2026, ces seuils ont été revus à la hausse :
| Type d’activité | Plafond de CA 2026 |
| Vente de marchandises, fourniture de logement | 203 100 € |
| Prestations de services (commerciales, artisanales) | 83 600 € |
| Professions libérales | 83 600 € |
Première année d’activité : les plafonds sont proratisés en fonction de la date de création. Par exemple, si vous démarrez le 1er juillet 2026, votre plafond pour une activité de services est de 83 600 € / 2 = 41 800 €.
Que se passe-t-il si je dépasse ces plafonds ?
La règle est souple : un dépassement isolé ne suffit pas à vous faire sortir du régime.
- 1ère année de dépassement (année N) → vous restez micro-entrepreneur l’année suivante (N+1).
- 2ème année consécutive de dépassement → vous basculez automatiquement au régime réel d’imposition à compter du 1er janvier de l’année N+1.
Ce passage implique :
- une comptabilité complète (bilan, compte de résultat),
- des cotisations sociales calculées sur votre bénéfice réel (et non un pourcentage du CA),
- la possibilité de déduire vos charges réelles — souvent plus avantageux quand les frais sont importants.
Vous approchez de cette situation ? C’est le bon moment pour faire le point. Les experts-comptables Amarris peuvent vous aider à préparer cette transition sereinement.
Plafonds de TVA en micro-entreprise : attention, c’est différent !
Beaucoup d’entrepreneurs confondent plafonds de CA et seuils de TVA. Ce sont pourtant deux choses bien distinctes.
En tant qu’auto-entrepreneur, vous bénéficiez par défaut de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas la TVA à vos clients tant que vous restez sous ces seuils (applicables depuis 2025) :
| Type d’activité | Seuil de franchise TVA | Seuil majoré |
| Vente de marchandises | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
Bonne nouvelle : dépasser ces seuils de TVA ne vous fait pas sortir du régime micro-entreprise. Vous pouvez très bien rester auto-entrepreneur tout en étant redevable de la TVA.
Pour tout comprendre sur ce sujet, consultez notre article dédié : TVA en auto-entrepreneur, comment ça marche ?
Combien de temps peut-on rester auto-entrepreneur sans chiffre d’affaires ?
Vous traversez une période creuse ? Pas de panique — l’inactivité temporaire est tolérée. Mais pas indéfiniment.
Depuis 2011, la règle est claire :
- Si vous déclarez votre CA mensuellement : radiation automatique après 24 mois civils consécutifs à 0 €.
- Si vous déclarez trimestriellement : radiation automatique après 8 trimestres civils consécutifs à 0 €.
L’URSSAF vous en informe par courrier avant de procéder à la radiation. Vous disposez alors d’1 mois pour contester si vous estimez la décision injustifiée.
Vous planifiez de faire une pause ? Pensez à la cessation temporaire d’activité. En la déclarant sur le guichet unique en ligne, vous mettez votre micro-entreprise en pause pendant 1 an, renouvelable. Votre régime micro est conservé à l’issue de ce délai.
Pensez toujours à déclarer votre CA, même à 0 €. Un oubli répété peut déclencher une procédure de radiation automatique.
Peut-on cumuler le statut auto-entrepreneur avec un autre statut ?
Auto-entrepreneur et salarié
C’est tout à fait possible, sauf si votre contrat de travail contient une clause d’exclusivité. Dans ce cas, le cumul est toléré pendant 1 an maximum (le temps de lever la clause ou de faire un choix).
Pour en savoir plus: Peut-on être salarié à temps plein et être auto-entrepreneur ?
Auto-entrepreneur et étudiant
Aucune restriction de durée. Les étudiants peuvent exercer en micro-entreprise sans limitation de temps, sous réserve de respecter les règles habituelles du régime (plafonds de CA, déclarations URSSAF…). Attention, toutefois à l’impact éventuel sur certaines aides (bourse, APL).
Tous les détails dans notre article : Peut-on être étudiant et auto-entrepreneur ?
Auto-entrepreneur et fonctionnaire
Le cumul est possible mais limité dans le temps : 2 ans, renouvelables 1 an, soit 3 ans maximum. Au-delà, il faut choisir entre la fonction publique et l’entrepreneuriat.
Quand faut-il quitter volontairement le régime auto-entrepreneur ?
Il peut être judicieux de changer de statut avant même d’y être contraint.
Voici les deux situations les plus fréquentes :
Quand vos charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire
Le régime micro applique un abattement forfaitaire de 34 %, 50 % ou 71 % du CA selon l’activité — censé représenter vos charges. Si vos charges réelles dépassent cet abattement, vous payez plus d’impôt qu’au régime réel. C’est le signe qu’un changement de régime fiscal serait plus avantageux pour votre situation financière.
Quand vous souhaitez passer en société
Besoin de vous associer, de protéger votre patrimoine personnel ou d’accueillir des investisseurs ? Il peut être temps de créer une SARL, SAS ou EURL.
Attention : on ne transforme pas une micro-entreprise en société. Il faut d’abord radier la micro-entreprise, puis créer la nouvelle structure juridique. La procédure de fermeture prend généralement 2 à 4 semaines.
Comment fermer ou suspendre une micro-entreprise ?
Deux options s’offrent à vous selon votre situation :
Cessation temporaire d’activité (vous pensez reprendre un jour) :
- Déclarez la suspension sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr).
- Durée : jusqu’à 1 an renouvelable.
- Votre régime micro est conservé pendant cette période.
Radiation définitive (vous arrêtez pour de bon) :
- Déclarez la cessation d’activité sur le guichet unique.
- Le CFE transmet les informations à l’URSSAF et aux services fiscaux (délai : 1 à 2 semaines).
- Réglez vos dernières cotisations sociales et effectuez votre dernière déclaration de CA.
- Clôture officielle en 2 à 4 semaines en moyenne.

Collecter et reverser la TVA, c’est possible, même en auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur
Depuis le 1er janvier 2023, les plafonds de CA ont été multipliés par deux. Vous pouvez donc rester auto-entrepreneur tout en dépassant les seuils de la franchise en base de TVA de :
- 85 000 € pour les activités commerciales (93 500 € pour le seuil majoré),
- 37 500 € pour les prestations de services (41 250 € pour le seuil majoré).
En clair, dès que vous dépassez les plafonds de la franchise, vous êtes assujetti à la TVA. Toutefois des plafonds de tolérance ont été prévus. Certaines applications anticipent les dépassements de seuils (TVA ou CA) pour vous et mettent à jour vos outils de gestion.
Rester auto-entrepreneur, c’est donc possible aussi longtemps que votre activité le permet. Et que vous en respectez les règles du jeu ! La clé, c’est l’anticipation : surveiller son chiffre d’affaires tout au long de l’année, déclarer régulièrement même en période creuse, et ne pas attendre le dernier moment pour se poser la question du bon régime.
Si vous approchez des seuils, si vos charges augmentent ou si vous envisagez une évolution de votre activité (création de société, association, recrutement…), c’est le moment idéal de faire le point avec un spécialiste. Un expert-comptable peut vous aider à choisir la structure la plus adaptée à votre situation et à optimiser votre régime fiscal. Prenez rendez-vous avec un spécialiste pour faire le point sur votre situation !
FAQ – Vos questions sur la durée du statut auto-entrepreneur
Oui, si vous respectez les plafonds de chiffre d’affaires et que vous déclarez régulièrement votre CA (même à 0 €). À la retraite, le cumul emploi-retraite est possible, mais les règles varient selon votre caisse de retraite. Renseignez-vous auprès de l’URSSAF.
Trois conditions principales : ne pas dépasser les plafonds de CA deux années de suite, déclarer son chiffre d’affaires régulièrement (mensuellement ou trimestriellement), et respecter les règles de cumul selon sa situation personnelle (salarié, fonctionnaire, étudiant…).
Le régime micro ne permet pas de déduire les charges réelles, limite la récupération de TVA sous le seuil de franchise, offre une protection sociale proportionnelle au CA déclaré (zéro CA = zéro cotisation = zéro couverture), et ne permet pas de s’associer. Au-delà d’un certain niveau d’activité, passer en société devient souvent plus avantageux.