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Quelle différence entre auto-entrepreneur et portage salarial ?

Temps de lecture : 4 minutes

Publié le 16 février 2023

Mis à jour le 26 janvier 2026

Claude Robin

Claude Robin

 

Alors qu’il devrait représenter plus de 500 000 emplois en France en 2026, le portage salarial suscite un intérêt grandissant chez les professionnels. Pour les individus en quête d’autonomie professionnelle, comment choisir entre le statut d’auto-entrepreneur ou le portage salarial ? Une différence fondamentale peut vous aider à faire votre choix, celui du statut de salarié ou de travailleur indépendant. Plus d’informations dans l’article.

portage salarial ou auto-entrepreneur

Quelle est la différence entre le statut d’auto-entrepreneur et le portage salarial ?

Dans le portage salarial , le professionnel a un statut de salarié. Juridiquement, ses clients traitent avec la société de portage. Et la société de portage lui verse un salaire. C’est donc une organisation tripartite entre l’indépendant-salarié, la structure de portage et les clients finaux de l’entrepreneur.

De son côté, l’auto-entrepreneur est un véritable entrepreneur individuel inscrit au RNE (Registre National des Entreprises), totalement indépendant. Il a un numéro SIRET, c’est lui qui facture directement ses clients. Il paye lui même ses cotisations sociales au régime social des non-salariés.

Quels sont les avantages et inconvénients du portage salarial versus la micro-entreprise ? Notre analyse comparative

Le portage salarial offre une protection sociale complète identique à celle d’un salarié traditionnel. Vous bénéficiez de l’assurance chômage, des droits à la retraite complémentaire et d’une couverture maladie optimale. Cette sécurité rassure particulièrement les consultants qui travaillent avec de grands comptes.

L’absence de contraintes administratives constitue un autre atout majeur. La société de portage gère entièrement la facturation, le recouvrement et les déclarations fiscales. Vous pouvez déduire vos frais professionnels réels, contrairement au régime micro-entrepreneur où les abattements sont forfaitaires.

Les inconvénients restent néanmoins significatifs. Les frais de gestion réduisent votre rémunération nette par rapport à l’auto-entrepreneuriat. Le portage impose également des conditions d’accès : diplôme minimum requis ou expérience significative dans votre domaine d’expertise. Cette solution convient principalement aux consultants confirmés privilégiant la sécurité à la rentabilité immédiate.

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Quelles sont les charges à prévoir en portage salarial ?

Les cotisations sociales représentent la part la plus importante des charges en portage salarial. Le consultant porté doit s’acquitter à la fois des cotisations salariales (environ 22% du salaire brut) et patronales (entre 30 et 45% du chiffre d’affaires). Ces contributions financent l’assurance maladie, l’assurance chômage, la retraite complémentaire et la prévoyance.

S’ajoutent les frais de gestion de la société de portage, généralement compris entre 5% et 10% du chiffre d’affaires hors taxes. Ces frais couvrent la gestion administrative, la facturation et l’accompagnement du freelance.

Au final, le salaire net du consultant représente environ 50% du montant facturé au client. Cette répartition inclut également les provisions pour congés payés et l’indemnité de rupture conventionnelle, garantissant une protection sociale complète similaire à celle d’un salarié traditionnel.

Freelance ou consultant : comment choisir entre statut d’auto-entrepreneur et portage salarial ?

Il faut tenir compte d’un certain nombre de critères. D’une part l’aspect financier, les frais de gestion imposés par les sociétés de portage réduisent le « disponible » après impôt. Celui-ci est bien plus important en choisissant l’indépendance totale offerte par le régime auto-entrepreneur. 

Cela dépend également de votre personnalité. En étant totalement indépendant, vous pouvez vous sentir isolé et certains préféreront le cadre du statut de porté, uniquement pour ne pas se sentir trop livrés à eux-mêmes.

Ce ne sont pas les seuls aspects à prendre en compte bien entendu. Quelle couverture sociale souhaitez-vous ? Comment vous sentez-vous à l’idée d’exercer « seul » ? 

Si vous hésitez à vous lancer en-dehors du régime micro-entrepreneur (ou auto-entrepreneur), pensez à comparer les différentes rémunérations selon votre choix. Comparé au statut de travailleur indépendant (TNS), la rémunération via une société de portage sera nettement moins intéressante. Pour aller plus loin : le portage salarial ou statut indépendant (TNS), que choisir  ?

Cumul du portage salarial et du statut d’auto-entrepreneur : est-ce possible ?

La législation française autorise parfaitement cette double activité professionnelle. Un salarié porté peut exercer parallèlement sous le régime de la micro-entreprise, à condition de respecter certaines règles fondamentales. Les missions doivent rester distinctes et ne pas créer de conflit d’intérêts avec les clients du portage.

Cette combinaison présente des avantages. Vous conservez la protection sociale complète du portage tout en bénéficiant de la simplicité administrative de l’auto-entrepreneuriat pour vos autres prestations de services. Aussi, vous diversifiez vos sources de revenus entre ces deux statuts.

Prenons l’exemple d’un consultant en marketing : ses missions longues peuvent passer par du portage salarial tandis que ses formations ponctuelles pour des TPE seront facturées via sa micro-entreprise. Cette approche optimise la rémunération globale tout en respectant les plafonds réglementaires de chaque statut.

Est-il plus avantageux d’être auto-entrepreneur ou salarié porté ?

La réponse dépend principalement de votre chiffre d’affaires prévisionnel et de vos priorités professionnelles. Pour un CA annuel inférieur à 50 000 euros, l’auto-entrepreneuriat reste généralement plus rentable financièrement.

Le salarié porté bénéficie d’une couverture sociale optimale avec la validation de trimestres pour la retraite et l’accès aux allocations chômage. 

L’auto-entrepreneur conserve une marge nette supérieure grâce à des cotisations sociales réduites et l’absence de frais de gestion. Sa flexibilité administrative lui permet également de facturer rapidement sans contrainte de salaire minimum.

Le portage salarial convient mieux aux consultants expérimentés recherchant stabilité et crédibilité auprès des grands comptes.

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FAQ sur le portage salarial versus le statut d’auto-entrepreneur

Le professionnel en portage salarial détient un contrat de travail avec une société de portage, généralement en CDI ou CDD. Juridiquement, il possède donc le statut de salarié à part entière, avec tous les droits qui en découlent.

Cette position particulière lui confère une double nature : indépendant dans l’exercice de ses missions, mais salarié vis-à-vis de l’entreprise de portage. Le régime fiscal applicable reste celui des salariés, avec prélèvement à la source sur les rémunérations versées.

Contrairement aux travailleurs non-salariés, le porté n’a aucune obligation administrative directe. Les obligations administratives comme la comptabilité, les déclarations sociales ou la facturation client incombent entièrement à la société de portage. Cette organisation tripartite place le consultant dans une position sécurisée, libéré des contraintes de gestion tout en conservant son autonomie opérationnelle.

La distinction majeure réside dans la gestion financière et entrepreneuriale. L’indépendant assume directement tous les risques économiques de son activité et il constitue sa propre réserve financière pour les périodes creuses. Il négocie librement ses tarifs et encaisse immédiatement ses paiements clients.

Le salarié porté bénéficie d’une rémunération lissée mensuellement par la société de portage, qui absorbe les délais de paiement clients. Cette sécurisation financière se traduit par des frais de gestion prélevés sur le chiffre d’affaires réalisé.

L’indépendant doit également anticiper ses obligations fiscales avec des provisions pour l’impôt sur le revenu selon le barème progressif par tranches. Le porté voit ces aspects entièrement pris en charge, recevant un salaire net après toutes déductions des charges obligatoires.

L’informatique domine largement le paysage du portage salarial avec les développeurs web, consultants IT et experts en cybersécurité.

Les métiers du conseil sont également fortement représentés, regroupant consultants en management, formateurs professionnels et auditeurs.

Le marketing digital et les ressources humaines attirent de nombreux portés : experts SEO, consultants en communication, recruteurs, coachs professionnels et managers de transition trouvent dans ce statut la flexibilité nécessaire à leurs missions ponctuelles.

L’ingénierie industrielle, la finance d’entreprise et l’immobilier complètent ce panorama d’activités, témoignant de l’évolution du marché vers plus de 750 métiers éligibles au portage salarial aujourd’hui.

Source : Le portage salarial en 2030 : le scénario de l’évolution – Fédération des entreprises de portage salarial

Article publié initialement le 16 février 2023

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