Officier comme kiné le jour et enseigner le yoga le soir, donner des cours d’anglais pendant la semaine et commercialiser des objets en céramique le week-end… Ces situations reflètent bien l’une des nouvelles tendances du travail : le « slashing », autrement dit la multiplication de casquettes professionnelles.
Vous voulez aussi laisser vos différents talents s’exprimer ? Pour cela, vous souhaitez démarrer plusieurs activités en auto-entreprise. Mais, est-il possible de combiner plusieurs métiers avec ce statut juridique ? Quelles sont les conditions à respecter ? Toutes les réponses dans notre article.

Forme juridique de la micro-entreprise : rappel
Lamicro-entreprise est une entreprise individuelle bénéficiant d’un régime fiscal et social simplifié. Le régime fiscal de l’auto-entreprise repose sur un abattement forfaitaire appliqué au chiffre d’affaires, variable selon le type d’activité. Les cotisations sociales sont calculées proportionnellement aux recettes déclarées.
Ce statut est idéal pour les entrepreneurs souhaitant tester une activité et/ou ayant peu de temps à consacrer aux formalités administratives et comptables de leur entreprise.
Quelles activités peut-on exercer en auto-entrepreneur ?
Le spectre d’activités couvert par l’auto-entreprise est vaste. Vous pouvez exercer des activités artisanales, commerciales, mais aussi certaines professions libérales non règlementées.
En revanche, si vous évoluez dans l’un de ses domaines, il ne sera pas possible de choisir ce statut :
- activité agricole ou toute activité rattachée à la MSA (Mutualité Sociale Agricole) ;
- professions libérales règlementées n’étant pas rattachés à la Cipav (Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse des professions libérales) ;
- agents immobiliers, marchands de biens, loueurs d’immeubles nus à usage professionnel : toutes les activités associées à la TVA immobilière.
Peut-on avoir plusieurs micro-entreprises ?
Une micro-entreprise est une entreprise individuelle, c’est à dire que l’entreprise est associée à une personne physique et à un numéro de Siret. C’est pourquoi il n’est pas possible d’ouvrir plusieurs micro-entreprises. En revanche, la micro-entreprise peut abriter des activités différentes.
Peut-on utiliser le même Siret pour 2 activités ?
Lorsqu’un entrepreneur a plusieurs métiers, il conserve un numéro de SIRET unique pour l’ensemble de ses activités professionnelles. Cette règle administrative simplifie grandement la gestion quotidienne.
Dans sa gestion de la comptabilité, le micro-entrepreneur devra rendre lisible les revenus obtenus selon le type de prestations réalisées.
Par exemple, un artisan proposant des services de plomberie et vendant du matériel sanitaire doit pouvoir distinguer le chiffre d’affaires « services » et le chiffre d’affaires « marchandises ».
Comment ajouter ou déclarer une deuxième activité à son auto-entreprise ?
La déclaration d’une nouvelle activité se fait via le site de l’INPI, le Guichet unique des entreprises, sur lequel vous avez sans doute déjà déclaré votre micro-entreprise.
Une fois sur la plateforme, sélectionnez l’option « Modifier mon entreprise » puis « Modification d’activité » pour ajouter une activité secondaire. Une activité principale sera alors déterminée, celle qui devrait générer le plus gros chiffre d’affaires.
L’information sera traitée en quelques jours voire quelques semaines.
Quels sont les plafonds de chiffres d’affaires à respecter lorsqu’on a une auto-entreprise avec plusieurs activités ?
L’exercice de plusieurs activités n’augmente pas les seuils de chiffre d’affaires de la micro-entreprise.
Quand les activités en micro-entreprise sont de même nature (artisanat, commerciale, hébergement, location meublée de tourisme, activité libérale) :
Si les deux activités sont soumises au même plafond de chiffre d’affaires, il faudra respecter :
- un chiffre d’affaires maximum de 203 100 euros pour les prestations commerciales et d’hébergement ;
- un chiffre d’affaires maximum de 83 600 euros pour les prestations de services, les professions libérales et les locations de meublés de tourisme.
(Plafonds 2026)
Quand les 2 ou 3 activités de la micro-entreprise sont de nature différentes :
Si les activités de la micro-entreprise sont mixtes (activité de vente et activité de prestations de services par exemple), alors :
- le chiffre d’affaires global pour être auto-entrepreneur ne doit pas excéder 203 100 €,
- à l’intérieur de cette limite, le chiffre d’affaires afférent aux prestations de services ne doit pas dépasser 83 600 € (base 2026).
Prenons un exemple pour y voir plus clair. Vous avez une activité artisanale dans le BTP. Votre activité principale en matière de chiffre d’affaires est la vente de produits (souvent onéreux) pour de la rénovation.
Cette activité de vente ne doit pas dépasser 203 100 € : le plafond de chiffre d’affaires imposé pour la vente de marchandises. Toutefois, « dans ces 203 100 € », pour la partie pose des installations (qui est une prestation de service), le chiffre d’affaires de vos prestations ne doit pas dépasser 83 600 €.
Soyez vigilants ! Avec une double activité, vous avez tout intérêt à suivre de près l’évolution de votre chiffre d’affaires. Différents outils peuvent vous aider à suivre cette évolution. L’utilisation d’un logiciel comptable vous permettra d’anticiper les dépassements de seuils.
ℹ️ À noter : vous pouvez très bien conserver le régime micro-entreprise, tout en dépassant les seuils de la franchise de TVA (85 000 euros ou 37 500 euros). Vous serez alors assujetti à la TVA en tant que micro-entrepreneur. Le seuil majoré est fixé à 93 500 euros (achat-revente) et à 41 250 euros (autres prestations de services commerciales).
Quel impact sur les cotisations sociales lors d’une double activité ?
Les cotisations sociales versées à l’Urssaf varient selon la nature des activités que vous exercez.
Prenons l’exemple d’un professionnel exerçant à la fois une activité de vente de marchandises et une prestation de services. En 2026, son activité commerciale sera assujettie à un taux de 12,3 %, tandis que les revenus issus de ses prestations de services relevant des BIC seront soumis à un prélèvement de 21,2 %. S’il exerce une activité libérale relevant des BNC, le taux de cotisations sociales applicable s’élèvera à 25,6 % (26,1% en juillet 2026).
Vous souhaitez officier dans plusieurs domaines, mais vous êtes indécis à cause de l’instabilité de vos futurs revenus en micro-entreprise ? Vous pouvez aussi commencer par cumuler un emploi salarié et une activité en micro-entreprise.
FAQ sur le cumul des activités en auto-entreprise
Le statut d’auto-entrepreneur est compatible avec la direction d’une société, mais sous certaines conditions. En effet, les activités exercées doivent être totalement différentes entre la micro-entreprise et la société.
Un président de SAS ou SASU, considéré comme assimilé salarié, garde la possibilité de développer une activité en auto-entreprise parallèlement à son mandat social. Cette flexibilité permet aux entrepreneurs de diversifier leurs sources de revenus tout en bénéficiant des avantages propres à chaque structure.
La situation diffère pour les gérants majoritaires de SARL : leur statut de travailleur non-salarié rend impossible ce cumul.
Une personne physique ne peut détenir qu’une seule entreprise individuelle. Cette règle s’applique que vous soyez auto-entrepreneur ou entrepreneur individuel classique.
Pour diversifier vos activités professionnelles, deux options s’offrent à vous. Vous pouvez ajouter de nouvelles activités au sein de votre entreprise individuelle existante, en conservant votre numéro SIREN unique. L’alternative consiste à créer une société (SAS, SARL) parallèlement à votre entreprise individuelle.
Un exemple concret : si un artisan plombier en entreprise individuelle souhaite développer une activité de vente de matériel sanitaire. La solution adaptée sera d’intégrer cette nouvelle activité à son entreprise actuelle.
Le statut de la micro-entreprise rend possible l’exercice de professions dans trois grands domaines : artisanat, commerce et services. Les professions libérales non réglementées attirent aussi de plus en plus d’entrepreneurs : consultant, formateur professionnel ou traducteur.