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Auto-entrepreneur ou SASU : quel statut choisir en 2026 ?

Temps de lecture : 8 minutes

Publié le 15 janvier 2018

Mis à jour le 23 avril 2026

Marie-Laure Bouchet

sasu ou micro-entreprise

SASU ou micro-entreprise ? Dans les deux cas, vous créez seul et menez votre projet à votre guise. Pour autant, ce sont deux statuts juridiques bien distincts. Sur le plan juridique, comptable, social et fiscal, ce sont deux cadres différents. Le micro-entrepreneur est une forme souple et simple, mais limitée. La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) offre un cadre plus structuré, plus intéressant si vous touchez vos aides de France Travail (anciennement Pôle emploi), mais aussi plus onéreux. Le point sur les limites et les avantages pour faire le bon choix entre SASU et auto-entrepreneur.

À retenir :

  • L’auto-entrepreneur est idéal pour démarrer sans budget, tester un projet ou exercer en parallèle d’un emploi salarié.
  • La SASU offre une meilleure protection sociale, la possibilité de déduire ses frais professionnels et de conserver 100 % de l’ARE pendant les premiers mois.
  • En micro-entreprise, l’impôt est calculé sur le chiffre d’affaires brut (avec abattement forfaitaire) ; en SASU, sur le bénéfice réel, un avantage dès que vous avez des charges.
  • La SASU s’impose si vous cherchez des investisseurs, envisagez de vous associer ou voulez optimiser votre imposition via l’IS.
  • Les deux statuts sont cumulables, à condition que les activités exercées soient bien distinctes.
auto entrepreneur ou sasu

Qu’est-ce qu’une SASU ? Définition et caractéristiques

Une société unipersonnelle à la structure souple

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une SAS créée par un seul associé — personne physique ou morale. C’est une personne morale distincte de son dirigeant, dotée de son propre patrimoine.

Ce qui la distingue des autres formes juridiques :

  • Liberté statutaire : les règles de fonctionnement sont définies dans les statuts, ce qui offre une grande souplesse d’organisation.
  • Responsabilité limitée aux apports : en cas de difficultés, votre patrimoine personnel est protégé (sauf faute de gestion avérée).
  • Capital social minimum de 1 € : vous pouvez démarrer avec un capital symbolique, même si un capital cohérent avec l’activité reste recommandé.
  • Évolution : la SASU peut facilement accueillir de nouveaux associés et se transformer en SAS.

Les formalités de création d’une SASU

Contrairement à l’auto-entrepreneur, la création d’une SASU implique plusieurs étapes et un investissement minimum :

  1. Rédaction des statuts : à confier à un juriste ou à un expert-comptable. Les statuts définissent les règles de fonctionnement et doivent anticiper vos projets futurs (association, levée de fonds…).
  2. Dépôt du capital social en banque et récupération de l’attestation.
  3. Publication d’une annonce légale dans un journal habilité.
  4. Dépôt du dossier d’immatriculation de la SASU auprès du Guichet Unique de l’INPI.

Budget à prévoir :

  • entre 300 et 400 € de formalités administratives (conseil pour la rédaction des statuts, nomination d’un commissaire aux apports, en cas d’apports en nature, brevet pour une marque, etc.)
  • 150 à 500 € HT d’honoraires pour la rédaction des statuts.

Les frais engagés avant la création peuvent ensuite être remboursés par la société.

Ne faites pas l’économie de la rédaction des statuts. Des statuts mal rédigés peuvent vous coûter bien plus cher par la suite, notamment si vous souhaitez vous associer ou lever des fonds.

Qu’est-ce que le statut auto-entrepreneur (micro-entreprise) ?

Un régime simplifié pour démarrer vite

L’auto-entrepreneur ( officiellement rebaptisé micro-entrepreneur depuis 2014)  est un entrepreneur individuel qui bénéficie d’un régime fiscal et social simplifié. Le principe est simple : tant que vous ne générez pas de chiffre d’affaires, vous ne payez ni charges sociales ni impôt sur le revenu.

Autres atouts de ce statut :

  • Création gratuite en quelques minutes sur le Guichet Unique.
  • Obligations comptables allégées : un livre de recettes (et un registre des achats pour les activités BIC de vente) suffisent.
  • Charges proportionnelles au CA : pas de revenus = pas de charges fixes.
  • Cumulable avec un emploi salarié (mais pas avec le statut TNS).

Les plafonds de chiffre d’affaires et la fiscalité en 2026

Plafonds de CA :

  • Activités commerciales, artisanales ou d’hébergement : 203 100 €
  • Prestations de services et activités libérales : 83 600 €

Seuils de TVA :

  • Commerce : 85 000 € (seuil de base) / 93 500 € (seuil majoré)
  • Services/libéral : 37 500 € (seuil de base) / 41 250 € (seuil majoré)

Fiscalité de l’auto-entrepreneur : l’impôt sur le revenu est calculé non pas sur un bénéfice réel, mais sur le chiffre d’affaires après application d’un abattement forfaitaire :

  • 71 % pour les activités d’achat-revente (BIC)
  • 50 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC)
  • 34 % pour les activités libérales (BNC)

Option intéressante : le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, qui permet de payer l’IR en même temps que les cotisations sociales, à un taux fixe sur le CA (de 1 % à 2,2 % selon l’activité). Idéal si vous êtes dans une tranche d’imposition élevée.

Quelle est la différence entre une SASU et un auto-entrepreneur ?

Des régimes fiscaux opposés

C’est là que tout se joue :

  • Auto-entrepreneur : vous êtes imposé sur votre chiffre d’affaires (après abattement forfaitaire). Vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles.
  • SASU : vous êtes imposé sur votre bénéfice réel (CA – charges). L’imposition à l’IS s’applique par défaut, avec un taux réduit de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (taux normal : 25 %).

Concrètement : si vous avez des charges professionnelles importantes (matériel, loyer, frais de déplacement, logiciels…), la SASU peut s’avérer bien plus avantageuse que la micro-entreprise, où ces dépenses restent à votre charge personnelle.

Le régime d’imposition en SASU peut également basculer vers l’IR pendant 5 ans sous certaines conditions, une option à étudier avec un expert-comptable selon votre situation.

Des régimes sociaux très différents

En SASU : vous êtes assimilé-salarié dès que vous vous versez une rémunération. Vous bénéficiez de la même couverture sociale qu’un salarié (maladie, retraite, prévoyance), à l’exception de l’assurance chômage.

En micro-entreprise : vous relevez du régime microsocial. Les cotisations sociales sont calculées uniquement sur le CA encaissé, à des taux bien inférieurs :

Type d’activitéTaux de cotisations 2026
Achat / revente de marchandises (BIC)12,3 %
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC)21,2 %
Autres prestations de services (BNC)26,1 %
Professions libérales réglementées CIPAV23,2 %
Locations meublés de tourisme6 %

Le cas particulier de l’ARE : c’est souvent l’argument décisif.

  • En SASU, tant que vous ne vous versez aucune rémunération, vous continuez à percevoir 100 % de vos allocations chômage.
  • En micro-entreprise, dès le premier euro de chiffre d’affaires, votre allocation est recalculée à la baisse — même si vous ne gagnez rien après charges.

Des activités autorisées différentes

La plupart des activités libérales et commerciales sont accessibles dans les deux formes juridiques, mais il existe quelques exceptions :

  • Activités libérales réglementées (avocats, médecins, architectes…) : accessibles en auto-entrepreneur seulement si elles relèvent de la CIPAV ou de la Sécurité Sociale des Indépendants.
  • Agents commerciaux : peuvent exercer en auto-entrepreneur sous certaines conditions spécifiques.
  • Vente de marchandises et opérations complexes (marchands de biens, fonds de commerce) : plus faciles à gérer en SASU, notamment pour la déduction de la TVA.

Des obligations comptables sans commune mesure

  • Auto-entrepreneur : un simple livre de recettes suffit (+ registre des achats en BIC ventes). Pas de bilan, pas de compte de résultat, pas de dépôt au greffe du tribunal de commerce.
  • SASU : comptabilité complète obligatoire (compte de résultat, bilan, annexes), dépôt annuel des comptes au greffe, tenue des registres juridiques, procès-verbaux d’assemblée générale…

Un président de SASU consacre en moyenne 8 à 10 heures par mois aux tâches administratives obligatoires. Le recours à un expert-comptable est fortement recommandé et les honoraires sont déductibles du résultat.

SASU vs auto-entrepreneur : le tableau comparatif

CritèreAuto-entrepreneurSASU
Nature juridiqueEntreprise individuelleSociété (personne morale)
Capital socialNon requisÀ partir de 1 €
Formalités de créationSimple déclaration en ligne, gratuiteRédaction de statuts, annonce légale, dépôt de capital
Coût de création0 €300 à 900 € (formalités + honoraires)
Régime fiscalIR sur CA avec abattement forfaitaire (option versement libératoire)IS par défaut (taux réduit 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice) ou IR sur option 5 ans
Régime socialRégime microsocial (cotisations sur CA)Assimilé-salarié (régime général)
Protection socialeMinimaleÉquivalente à un salarié (hors chômage)
ARE (chômage)Dégressif dès le 1er € de CA100 % maintenu tant qu’il n’y a pas de rémunération
Déduction des chargesImpossibleOui (frais réels)
Obligations comptablesLivre de recettes uniquementComptabilité complète, dépôt des comptes
Plafond de CA203 100 € (commerce) / 83 600 € (services)Aucun plafond
Protection du patrimoineProtection automatique (statut unique EI)Séparation patrimoine personnel / professionnel

Auto-entrepreneur ou SASU : comment choisir selon votre situation ?

Vous démarrez et souhaitez tester votre marché : choisissez la micro-entreprise

La micro-entreprise est le statut idéal si :

  • Vous n’avez pas encore de visibilité sur le volume de CA que vous pouvez générer.
  • Vous souhaitez tester votre idée sans engagement financier.
  • Vous exercez en complément d’un emploi salarié.
  • Votre activité génère peu de charges (conseil, services intellectuels, artisanat simple…).
  • Vous n’avez pas de budget pour créer une société.

Vous avez un projet structuré ou bénéficiez de l’ARE : optez pour la SASU

La SASU s’impose dans les situations suivantes :

  • Vous pouvez maintenir votre ARE à 100 % en ne vous rémunérant pas dans un premier temps.
  • Vous avez des charges professionnelles importantes à déduire.
  • Vous cherchez des investisseurs ou avez besoin de financements bancaires.
  • Vous envisagez de vous associer à court ou moyen terme.
  • Vous anticipez un CA élevé et souhaitez optimiser votre imposition à l’IS.
  • Vous souhaitez protéger votre patrimoine personnel tout en créant un patrimoine professionnel distinct.

Simulation : à quel niveau de CA la SASU devient-elle plus rentable ?

En règle générale, la SASU devient financièrement avantageuse à partir d’environ 35 000 € de CA annuel, lorsque les charges de structure sont absorbées et que l’optimisation fiscale à l’IS produit ses effets.

Vous hésitez encore ? Une alternative à considérer : l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée). Elle offre un cadre intermédiaire avec le régime TNS, moins coûteux socialement mais aussi moins protecteur. En savoir plus sur l’EURL vs la SASU.

Le cumul SASU et auto-entrepreneur est-il possible ?

Oui, la législation française autorise le cumul entre une activité en auto-entreprise et la présidence d’une SASU, mais à condition que les activités exercées soient bien distinctes. Un consultant en stratégie ne peut pas facturer les mêmes prestations sous les deux formes juridiques.

En pratique :

  • Le dirigeant conserve son statut d’assimilé-salarié pour la SASU.
  • Son activité de micro-entrepreneur relève du régime micro-social distinct.
  • Les deux activités font l’objet de déclarations séparées.

>> Pour aller plus loin sur les règles de cumul et les conditions à respecter : auto-entrepreneur et gérance SARL, EURL, SASU, EI.

Comment passer du statut auto-entrepreneur à la SASU ?

Si vous avez des projets de développement ou que vous dépassez les seuils de CA de la micro-entreprise, passer en SASU est une évolution naturelle.

Les étapes pour créer sa SASU

  1. Fermer la micro-entreprise : radiation auprès du Guichet Unique.
  2. Rédiger les statuts de la SASU avec l’aide d’un juriste ou d’un expert-comptable.
  3. Déposer le capital social et récupérer l’attestation bancaire.
  4. Publier l’annonce légale et déposer le dossier d’immatriculation de la SASU auprès de l’INPI.
  5. Transférer l’activité : apport ou cession du fonds de commerce à la nouvelle structure, à évaluer avec des professionnels du droit selon votre situation.

Pourquoi passer du régime micro-entrepreneur au statut de SASU ?

  • Dépassement des plafonds de chiffre d’affaires de la micro-entreprise.
  • Besoin de crédibilité auprès des banques et des investisseurs.
  • Souhait d’optimiser sa fiscalité en déduisant ses charges réelles.
  • Projet de lever des fonds ou d’entrer de nouveaux associés via une augmentation de capital.
  • Désir de bénéficier d’un régime social plus protecteur en tant qu’assimilé-salarié.

Vous envisagez de basculer vers la SASU ? Chez Amarris Expertise Comptable, nous accompagnons depuis plus de 25 ans les entrepreneurs dans le développement de leur activité. Analyse rigoureuse de vos données financières, conseils personnalisés, recommandations sur mesure : nos experts-comptables sont joignables directement sur leur mobile et vous répondent dans les 24h (jours ouvrés). Et cela, que vous souhaitiez leur faire part d’une interrogation ou que vous vouliez mieux comprendre vos obligations.

Forme juridique : le conseil de nos experts-comptables pour arbitrer entre SASU et auto-entrepreneur

Pour résumer, optez pour la micro-entreprise si :

  • Vous n’avez pas de budget pour créer une société.
  • Vous souhaitez tester votre idée de business sans risque.
  • Vous voulez créer avec le moins de formalités administratives possible.

Optez pour la SASU si :

  • Vous devez convaincre des investisseurs en affichant un capital social.
  • Vous pouvez bénéficier de l’ARE et souhaitez la conserver à 100 %.
  • Vous anticipez des charges importantes à déduire ou un CA élevé.
  • Vous envisagez de vous associer rapidement.

Notons aussi qu’en SASU comme en micro-entreprise, vous ne cotisez pas à l’assurance chômage au titre de votre activité non salariée. La souscription d’une assurance pour entrepreneur peut être une option intéressante pour vous couvrir : les frais sont déductibles en SASU, mais pas en micro.

Encore hésitant, et si vous réserviez un premier rendez-vous gratuit avec un conseiller Amarris pour discuter de votre projet d’entreprise ?

Nous vous recommandons ces autres articles :

FAQ sur la SASU versus la micro-entreprise

La différence fondamentale est de nature juridique : l’auto-entrepreneur est une personne physique qui exerce en son nom propre, tandis que la SASU est une société (personne morale) distincte de son dirigeant. Cela implique des régimes fiscal, social et comptable entièrement différents. En résumé : l’auto-entrepreneur est simple et peu coûteux, la SASU est plus structurée, plus protectrice et fiscalement plus optimisable.

Tout dépend de votre projet, de vos charges prévisionnelles et de vos objectifs à moyen terme. Si vous démarrez sans visibilité sur votre CA ou sans budget : micro-entreprise. Si vous avez des charges à déduire, des ambitions de croissance ou l’ARE à préserver : SASU. Un expert-comptable peut vous aider à simuler les deux scénarios sur la base de vos projections réelles.

Oui ! L’URSSAF propose un comparateur officiel des régimes sociaux qui permet de simuler et comparer votre situation selon différents niveaux de rémunération.

Les activités de services intellectuels avec peu de charges (consultant, formateur, rédacteur…) démarrent souvent en auto-entreprise. Les activités nécessitant des investissements importants, un CA élevé ou relevant de certaines activités libérales réglementées s’orientent plus naturellement vers la SASU. La nature de votre activité, vos charges prévisionnelles et vos objectifs de développement sont trois critères déterminants pour faire ce choix.

Il s’agit de la SASU. Tant que vous ne vous versez aucune rémunération, vous percevez 100 % de votre ARE. En micro-entreprise, le moindre euro de chiffre d’affaires entraîne une réduction de votre allocation mensuelle, même si votre résultat ne vous permet pas encore de vivre de votre activité.

En termes de taux bruts, la micro-entreprise est moins chargée car les cotisations sociales sont calculées uniquement sur le CA encaissé, à des taux allant de 6 % à 26,1 %. Mais ce calcul ne tient pas compte de la déductibilité des charges en SASU. Pour une comparaison réelle, il faut raisonner en revenu net disponible, pas en taux de cotisations.

Article publié initialement le 15 janvier 2018

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Mais comment vous y prendre si vous ne savez pas vers quoi vous diriger ? En fait, le choix de votre statut juridique va surtout dépendre de votre situation personnelle et des besoins de votre activité en freelance. Le régime social, le régime fiscal, la protection de votre patrimoine… varient d’un statut juridique à l’autre. Evidemment, rien n’empêche de migrer ensuite vers un autre statut, mais cela peut représenter des frais. Alors autant se pencher sérieusement sur la question pour prendre la bonne décision !

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