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Charges en freelance : le guide complet pour tout anticiper (2026)

Temps de lecture : 10 minutes

Publié le 19 juin 2018

Mis à jour le 05 juin 2026

Marie-Laure Bouchet

charges freelance

Vous vous lancez et vous avez du mal à évaluer les charges en freelance que vous allez devoir payer chaque mois ? Pour vous aider à y voir plus clair et faciliter votre gestion, nous avons conçu cet article comme un grand récapitulatif des charges à payer lorsqu’on est indépendant : cotisations sociales, impôts, TVA, CFE, frais déductibles selon votre statut juridique. Nous y avons glissé quelques exemples concrets pour que cela résonne avec votre futur quotidien. Bonne lecture !

A retenir :

  • Les charges en freelance regroupent 4 familles : cotisations sociales, impôts (IR ou IS), taxes professionnelles (CFE, CFP) et frais professionnels.
  • Le montant total varie fortement selon le statut : de ~25 % du CA en micro-entreprise à ~70 % du salaire net en SASU.
  • L’ACRE permet une exonération partielle de cotisations sociales la 1ère année d’activité.
  • Bien choisir son statut ne se résume pas aux charges : protection sociale, responsabilité et fiscalité jouent aussi.

Qu’appelle-t-on « charges en freelance » ?

Quand on est salarié, les charges sociales sont invisibles : elles apparaissent sur le bulletin de paie, déduites automatiquement. En freelance, c’est vous qui les calculez, les provisionnez et les versez. Alors, mieux vaut les anticiper !

charges freelance

Les 3 types de charges obligatoires 

1. Les cotisations sociales : versées à l’URSSAF ou à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI).
Elles financent votre couverture maladie-maternité, votre retraite de base et complémentaire, les allocations familiales, la CSG-CRDS, les indemnités journalières et la formation professionnelle.

2. Les charges fiscales : impôts sur vos revenus ou bénéfices.
Selon votre statut, vous serez soumis à l’impôt sur le revenu (IR) ou à l’impôt sur les sociétés (IS). La TVA s’y ajoute dès lors que vous dépassez certains seuils de chiffre d’affaires.

3. Les taxes professionnelles : CFE et contribution à la formation professionnelle (CFP)
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est due à partir de la 2ᵉ année d’activité. La CFP est une petite contribution prélevée sur le CA.

Les frais professionnels : des charges déductibles, pas des obligations

À côté des charges obligatoires, il y a les dépenses liées à votre activité : matériel informatique, logiciels, espace de coworking, fournitures de bureau, assurances RC pro, formation, déplacements…

  • En micro-entreprise : vous ne déduisez pas vos frais réels. L’administration fiscale applique un abattement forfaitaire sur votre CA pour calculer votre impôt sur le revenu.
  • En EI au réel / EURL / SASU : ces dépenses sont des charges d’exploitation qui viennent réduire votre bénéfice imposable et donc vos impôts.

Les charges sociales du freelance selon le statut

C’est le poste le plus lourd pour la majorité des freelances. Le montant et le mode de calcul changent radicalement selon le statut juridique que vous avez choisi.

Charges sociales en micro-entreprise (auto-entrepreneur)

C’est le régime le plus simple qui soit : vos cotisations sociales sont calculées en pourcentage fixe de votre chiffre d’affaires encaissé. Pas de CA, pas de cotisation.

Taux applicables en 2026 :

ActivitéTaux de cotisations sociales
Vente de marchandises12,3% du CA
Prestations de services BIC21,2 % du CA
Prestations de services BNC (CIPAV)23,2 % du CA
Prestations de services BNC (SSI)25,6 % du CA

À ces taux s’ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP) : 0,1 % pour les activités commerciales, 0,2 % pour les activités libérales, 0,3 % pour les activités artisanales.

⚠️ Point vigilance retraite : votre couverture vieillesse n’est pas automatique. Vous devez avoir cotisé sur la base d’un chiffre d’affaires minimum pour valider des trimestres de retraite avec le régime micro-entrepreneur.

Charges sociales des freelances en entreprise individuelle, SARL et EURL

Si vous exercez en entreprise individuelle au régime réel, en EURL ou en SARL avec un gérant majoritaire, vous relevez du statut de travailleur non salarié (TNS) et dépendez de la Sécurité sociale des indépendants (SSI).

Réforme de l’assiette sociale 2026 : ce qui change 

Applicable depuis les revenus 2025 (déclarés lors de la campagne IR de mai-juin 2026), cette réforme change la façon dont votre base de cotisations est calculée.

Jusqu’ici, votre assiette de cotisations correspondait à votre revenu net fiscal, c’est-à-dire votre résultat après déduction de vos cotisations sociales et de la CSG déductible. Cette mécanique disparaît.

Nouvelle règle : la base de calcul est votre chiffre d’affaires diminué de vos charges d’exploitation (hors cotisations sociales et CSG). Sur ce montant, l’Urssaf applique automatiquement un abattement forfaitaire de 26 %. Cette même base sert désormais au calcul des cotisations sociales et de la CSG-CRDS : une seule assiette au lieu de deux.

Le montant global de vos prélèvements reste identique. Ce qui change, c’est la répartition interne : la part de CSG-CRDS diminue, la part des cotisations contributives (retraite, maladie) augmente. En clair, vous acquérez davantage de droits à la retraite pour le même montant total prélevé.

Autre simplification : une seule déclaration sur impots.gouv.fr suffit désormais pour calculer à la fois votre impôt sur le revenu et vos cotisations sociales. L’Urssaf récupère directement les données et calcule vos cotisations définitives automatiquement.

Le prélèvement de vos cotisations à la Sécurité Sociale des Indépendants en tant que freelance sera forfaitaire pendant vos deux premières années d’activité car dans un premier temps, vos revenus ne sont pas connus. Ceux-ci sont en effet déclarés une fois par an auprès de la Sécurité Sociale Indépendante (SSI).

À l’issue de ces deux ans de démarrage, une régularisation sera effectuée sur la base de vos revenus réels selon la nouvelle assiette.

La base de calcul des cotisations forfaitaires correspond à :

  • 19 % du PASS 2026 (soit environ 9 131 €) pour les cotisations retraite de base, retraite complémentaire, invalidité et décès,
  • 40 % du PASS 2026 (soit environ 19 224 €) pour les cotisations maladie et indemnités journalières.

Ces cotisations sociales freelances en SARL et EURL seront réglées mois par mois et représentent en moyenne 45 % de vos revenus professionnels.

Charges sociales en SASU (président assimilé salarié)

Le président de SASU a un statut d’« assimilé salarié » : il cotise au régime général de la Sécurité sociale, exactement comme un salarié classique.

  • Base de calcul : le salaire net versé
  • Taux total : charges patronales + salariales cumulées, soit environ 70 % du salaire net payé par la société
  • Conséquence directe : pour vous verser 2 000 € net, votre société débourse environ 3 400 €

Avantages : meilleure protection sociale, maintien au régime général, droits retraite renforcés.
Inconvénient majeur : si vous ne vous versez pas de salaire, vous n’avez aucune protection sociale. C’est le piège classique de la SASU en démarrage.

Pour rappel, vous n’avez pas l’obligation de vous rémunérer au Smic en tant que président de SAS.

Tableau récapitulatif des charges sociales par statut (2026)

StatutBase de calculTaux moyengime
Micro-entrepriseChiffre d’affaires12 à 25,6 % du CASSI ou CIPAV
EI au réel, EURL, SARLChiffre d’affaires – charges d’exploitation et abattement de 26%~45 %SSI
SASU (président)Salaire net~70 % du salaire netRégime général

Comment calculer ses charges en freelance ? Exemples concrets

Quel chiffre d’affaires pour un salaire de 2 000 € net ?

Voici une simulation indicative pour un freelance prestataire de services (BNC SSI), sans tenir compte de l’IR qui dépend de la situation fiscale personnelle :

StatutCharges socialesCA mensuel nécessaire (approx/)
Micro-entreprise (BNC SSI)~25,6 % du CA~2 700 €
EI au réel, EURL ou SARL~45 % des revenus pros~3 600 €
SASU (assimilé salarié)~70 % du salaire net~4 000 €

⚠️ Ces chiffres sont indicatifs et n’intègrent pas l’impôt sur le revenu, l’IS, ni la CFE. Pour une simulation précise adaptée à votre situation, un outil de calcul de TJM est indispensable.

Déclaration mensuelle ou trimestrielle : ce qu’il faut savoir

En micro-entreprise : vous déclarez votre CA chaque mois ou chaque trimestre sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Les cotisations sont immédiatement calculées et prélevées. Pas de CA à déclarer = 0 € de cotisation.

En EI/EURL/SASU : vous versez des acomptes provisionnels mensuels ou trimestriels. Une régularisation intervient en fin d’exercice, une fois le bénéfice réel connu. Préparez-vous à une potentielle régularisation (en plus ou en moins) en N+1.

Impôts du freelance : IR, IS et TVA

En plus des cotisations sociales, le freelance supporte une charge fiscale. Elle prend deux formes principales selon le statut : l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés. Consultez notre article dédié aux impôts en freelance pour aller plus loin.

Impôt sur le revenu (IR) : barème progressif

L’IR s’applique à la micro-entreprise et à l’EI au réel. Votre bénéfice professionnel s’intègre dans les revenus de votre foyer fiscal et est imposé selon le barème progressif (de 0 à 45 %).

En micro-entreprise, le calcul de la base imposable passe d’abord par un abattement forfaitaire sur le CA :

  • 71 % pour les activités de vente (vous êtes imposé sur 29 % de votre CA)
  • 50 % pour les prestations de services BIC (imposé sur 50 % du CA)
  • 34 % pour les prestations de services BNC (imposé sur 66 % du CA)

Option versement libératoire : sous conditions de revenus du foyer, vous pouvez opter pour un taux fixe d’IR prélevé directement sur votre CA (1 % pour la vente, 1,7 % pour les BIC, 2,2 % pour les BNC). Simple, mais pas toujours avantageux, à calculer au cas par cas.

En EI au réel : vous êtes imposé sur votre bénéfice réel (CA – charges déductibles). Si vous avez beaucoup de frais professionnels, ce régime peut être bien plus favorable.

Impôt sur les sociétés (IS) : EURL et SASU

L’EURL (à l’IS) et la SASU sont soumises à l’impôt sur les sociétés :

  • 15 % sur les bénéfices jusqu’à 42 500 €
  • 25 % au-delà

L’avantage de l’IS : vous n’êtes personnellement imposé que sur ce que vous vous versez en salaire ou en dividendes. Les bénéfices laissés en société ne sont taxés qu’à l’IS, ce qui permet d’optimiser intelligemment selon vos besoins de rémunération nette.

Les dividendes : en EURL ou SASU, vous pouvez vous verser des dividendes en complément de salaire. Ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) ou à l’IR au barème progressif sur option.

La TVA en freelance, comment ça fonctionne ?

La TVA n’est pas une charge à proprement parler, mais un flux de trésorerie à gérer : vous la collectez sur vos factures clients, puis vous la reversez à l’administration fiscale, après déduction de la taxe sur la valeur ajoutée payée sur vos achats professionnels.

La franchise en base de TVA vous permet de ne pas facturer la TVA sous certains seuils de CA. Au-delà, vous êtes assujetti à la TVA et devez effectuer des déclarations mensuelles ou trimestrielles.

  • Si vos clients sont des professionnels assujettis à la TVA : votre assujettissement ne change pas grand-chose pour eux (ils la récupèrent).
  • Si vos clients sont des particuliers : la TVA augmente votre prix de 20 %, ce qui peut impacter votre compétitivité.
  • La TVA déductible sur vos achats professionnels devient un avantage réel dès que vous avez des dépenses importantes (matériel informatique, logiciels, etc.).

La CFE (cotisation foncière des entreprises) : la taxe souvent oubliée

La CFE est souvent la mauvaise surprise de la 2ᵉ année d’activité. Tout le monde connaît les cotisations URSSAF… mais on pense moins souvent à la CFE.

  • Qui la paie : tous les freelances, quelle que soit la forme juridique, dès la 2ᵉ année civile d’activité exercée
  • Exonération la 1ère année : automatique, sans démarche à effectuer
  • Montant : variable selon la commune et le niveau de CA : de quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros par an
  • Exonérations possibles : certaines activités libérales réglementées, certaines zones géographiques (ZFU, zones rurales…)

Saviez-vous que la domiciliation de votre activité peut influencer le montant de votre CFE ? C’est l’une des stratégies pour payer moins de CFE en freelance.

ACRE : une exonération des charges pour bien démarrer

L’ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d’Entreprise) est un dispositif d’aide à la création souvent sous-exploité. Il permet de réduire partiellement ses cotisations sociales pendant la 1ère année d’activité.

  • Accessible à tous : auto-entrepreneurs, créateurs en société, demandeurs d’emploi indemnisés ou non, bénéficiaires du RSA, jeunes de moins de 26 ans…
  • Durée : exonération partielle sur la 1ère année civile d’activité
  • Démarche : demande à effectuer à l’URSSAF au moment de la création, ne s’applique pas automatiquement dans tous les cas
  • Condition de non-renouvellement : vous ne devez pas avoir bénéficié de l’ACRE dans les 3 dernières années
  • Impact réel : les charges sociales étant le poste le plus lourd, même une exonération partielle représente plusieurs centaines d’euros d’économies sur la 1ère année

Attention, le taux d’exonération a changé depuis le 1er juillet 2026 : pour toute création à partir de cette date, l’exonération est ramenée à 25 % des cotisations (contre 50 % auparavant). Concrètement, un freelance en prestation de services BNC SSI (taux normal : 25,6 %) ne paiera plus que 19,2 % de cotisations la première année avec l’ACRE.

L’ACRE n’est pas automatique : vous devez en faire la demande dans les 60 jours suivant la création de votre activité.

Quel statut choisir pour optimiser ses charges en freelance ?

Il n’existe pas de « meilleur statut ». Le bon choix dépend de votre niveau de CA, de vos charges réelles, de votre appétit pour la complexité administrative et de vos objectifs à long terme.

✅ La micro-entreprise si vous :

  • démarrez ou testez une activité
  • avez peu de frais professionnels
  • êtes développeur, graphiste, consultant avec des besoins matériels limités
  • avez un chiffre d’affaires modéré (sous les plafonds de la micro)

✅ L’EI au réel si vous :

  • avez des charges réelles importantes (matériel, sous-traitance, loyer…)
  • souhaitez une gestion simple sans création de société
  • êtes en professions libérales non réglementées

✅ L’EURL si vous :

  • souhaitez protéger votre patrimoine personnel (responsabilité limitée)
  • avez un chiffre d’affaires significatif et voulez optimiser fiscalement via l’IS
  • envisagez un projet plus ambitieux à moyen terme

✅ La SASU si vous :

  • souhaitez maintenir votre affiliation au régime général (trajectoires de carrière multiples, retraite renforcée)
  • envisagez d’accueillir des associés ou des investisseurs
  • avez un chiffre d’affaires élevé qui justifie le coût plus important des charges sociales

Pour les professions libérales réglementées (avocats, médecins, architectes…), attention aux caisses spécifiques selon l’activité exercée comme la CIPAV pour certaines professions libérales.

Gardez en tête cette règle d’or : ne dépenser jamais 100 % de ce que vous encaissez. Selon votre statut, provisionnez entre 25 et 50 % de chaque encaissement pour couvrir l’ensemble de vos obligations.Prochaine étape concrète : calculez votre TJM (taux journalier moyen) en intégrant vos charges réelles, c’est la base pour fixer vos prix et vous assurer une rémunération nette viable.

Vous hésitez encore sur le statut le plus adapté à votre situation ? Un expert-comptable spécialisé dans la création d’entreprise peut vous aider à simuler précisément votre revenu net selon chaque option et à éviter les mauvaises surprises dès le démarrage.

* Plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 €

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FAQ sur les charges en freelance

Un freelance fait face à trois grandes familles de charges, quelle que soit sa structure juridique micro-entreprise, EURL ou société par actions simplifiée (SASU) :

    • Les charges sociales : cotisations versées à l’URSSAF ou à une caisse spécifique, elles financent la protection sociale (maladie, retraite, prévoyance). C’est le poste le plus lourd, avec des taux allant de 12 % en micro-entreprise à près de 70 % pour un dirigeant assimilé salarié.

    • Les charges fiscales : impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés, selon le régime choisi, auxquels s’ajoutent des taxes comme la CFE.

    • Les charges variables ou frais professionnels : matériel, logiciels, déplacements, coworking, déductibles du bénéfice imposable hors micro-entreprise.

Ces trois catégories s’accumulent et peuvent représenter entre 25 % et 50 % du chiffre d’affaires encaissé.

Le calcul dépend directement du statut juridique retenu. En micro-entreprise, la méthode est la plus directe : on applique un taux forfaitaire au chiffre d’affaires brut encaissé, par exemple, 26,1 % pour une activité BNC. Sur 3 000 € facturés, cela représente environ 783 € de cotisations sociales, sans tenir compte des frais réels.

Pour un freelance en entreprise individuelle au réel ou en EURL, la base de calcul change : ce sont les bénéfices nets qui servent d’assiette, après déduction des charges professionnelles réelles. Un contrat de freelance bien structuré, avec des dépenses justifiées, peut donc réduire significativement cette base.

Article publié initialement le 19 juin 2018

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