Depuis le 1er janvier 2026, l’une des principales aides pour les créateurs et repreneurs d’entreprise, l’ACRE (anciennement ACCRE) a connu plusieurs modifications. Véritable coup de pouce lors d’un lancement d’activité, nous revenons sur les conditions d’accès à ce dispositif, ses atouts ainsi que les démarches à effectuer pour l’obtenir.
L’essentiel des changements 2026 :
- L’exonération des cotisations sociales est désormais plafonnée à 25 % (sauf pour les micro-entrepreneurs).
- Les créateurs d’entreprise souhaitant bénéficier de l’Acre doivent désormais déposer une demande sur le site de l’Urssaf.
- L’aide se concentre sur les demandeurs d’emploi, les personnes en situation de vulnérabilité et les créateurs d’entreprise dans les régions définies comme prioritaires.
1er avantage de l’Acre : vous êtes exonéré d’une partie de vos charges sociales
En société ou en entreprise individuelle classique : 1 an d’exonération partielle ou dégressive selon revenus
Avec l’Acre, pendant un an, vous n’avez pas à régler la totalité des cotisations dues au titre de la sécurité sociale : assurance maladie, maternité, invalidité, décès, prestations familiales, retraite de base, etc. Et pourtant, vous êtes tout de même couvert.
Jusqu’en 2025, lorsque vous étiez créateur ou repreneur d’une entreprise et bénéficiaire de l’Acre, vous étiez exonéré :
- totalement si votre rémunération ou revenu annuel était inférieur ou égal aux 3/4 du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), soit 35325 € en 2025,
- partiellement si votre rémunération ou revenu annuel dépassait 75 % du PASS, sans atteindre 100 %, soit un revenu compris entre 35325 € et 47100 € en 2025.
⚠️ Depuis le 1er janvier 2026, le pourcentage d’exonération a été considérablement revu à la baisse. Ainsi, la dispense totale de cotisations sociales a été supprimée et l’exonération maximale s’élève désormais à 25 % des cotisations dues. Lorsque le revenu professionnel est compris entre 75 % et 100 % du PASS, c’est-à-dire entre 36 045 € et 48 060 € en 2026, l’exonération est alors dégressive. Enfin, dans le cas où le revenu du demandeur atteint 48 060 €, aucune exonération ne s’applique. (Attention : décret à venir)
En micro-entreprise : exonération partielle pendant trois trimestres civils complets
Lors de la création d’une micro-entreprise, l’Acre donne droit à une exonération de 50 % des charges sociales jusqu’à la fin du 3ème trimestre civil complet d’activité (trimestre d’immatriculation + 3 trimestres suivants).
Conseil : vous allez démarrer votre activité en micro-entreprise ? Réalisez vos démarches d’immatriculation au début d’un trimestre civil, c’est à dire en janvier, avril, juillet ou octobre afin de bénéficier le plus longtemps des avantages de l’ACRE.
2ème avantage de l’Acre : vous continuez à toucher votre indemnité chômage si vous êtes demandeur d’emploi
- soit sous forme de capital, versé en deux fois (ARCE),
- soit vous continuez à percevoir votre indemnité mensuelle (ARE).
Cela signifie qu’un créateur peut créer une entreprise et continuer à toucher une aide de France Travail. Si l’entreprise ne dégage pas de bénéfices, vous percevez tout de même un revenu minimum.
Autre possibilité, vous utilisez le versement de votre indemnité en capital pour financer la création de l’entreprise.
>> Pour aller plus loin : Au chômage et en création d’entreprise, faites le point sur vos aides

Qui peut bénéficier de l’Acre en 2026 ?
Quelles personnes peuvent profiter de cette aide pour lancer leur entreprise ?
- Tous les créateurs et repreneurs d’entreprise en début d’activité peuvent en profiter, qu’ils créent une entreprise individuelle ou une société si, pour cette dernière, ils en exercent le contrôle effectif.
- En revanche, si vous avez déjà bénéficié de l’ACRE au cours des 3 ans précédant votre demande d’ACRE, celle-ci ne pourra pas vous être accordée.
- Il faut répondre aux conditions énumérées ci-dessous :
| Les conditions d’éligibilité pour un entrepreneur individuel | Les conditions d’éligibilité dans le cadre d’une création de société |
| – Demandeur d’emploi indemnisé – Demandeur d’emploi non indemnisé inscrit à France Travail depuis plus de 6 mois au cours des 18 derniers mois – Bénéficiaire de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ou du revenu de solidarité active (RSA) – Avoir entre 18 ans et moins de 26 ans – Avoir moins de 30 ans et être non indemnisée – Avoir moins de 30 ans et être reconnu handicapé – Etre salarié ou licencié d’une entreprise en sauvegarde, en redressement judiciaire ou liquidation qui reprend l’activité de l’entreprise – Avoir conclu un contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape) – Créateur ou repreneur d’une entreprise implantée dans un quartier prioritaire de la ville – Etre bénéficiaire de la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) – Créateur d’une entreprise au sein d’une zone France ruralités revitalisation ou d’une zone France ruralités revitalisation « plus » | – Avoir, personnellement*, plus de 50 % du capital dont au moins 35 % à titre personnel – Gérer la société et posséder, personnellement au moins 1/3 du capital, dont au moins 25 % à titre personnel, sous réserve qu’un autre actionnaire n’ait pas plus de 50 % du capital – En présence de plusieurs demandeurs, ceux-ci doivent détenir ensemble plus de 50 % du capital, à condition qu’un ou plusieurs d’entre eux soient « dirigeant » et que chaque demandeur ait une part de capital égale au moins à 1/10e de la part du principal actionnaire. |
*ou avec votre époux/se, votre partenaire de Pacs, votre concubin(e) ou vos ascendants et descendants
>> Pour aller plus loin : Panorama des aides financières pour indépendants et freelances
Les formalités à respecter pour bénéficier du dispositif de l’Acre en 2026 : fin de l’attribution automatique et demande Urssaf
Auparavant automatique, la demande d’Acre doit dorénavant être transmise à l’Urssaf (formulaire de demande d’Acre disponible sur le site) et envoyée depuis l’espace de messagerie. Pour accompagner votre demande, pensez à ajouter :
- un justificatif de création d’activité, à télécharger sur le site du guichet unique des entreprises une fois l’immatriculation faite.
- les pièces prouvant que vous êtes éligible à l’Acre selon votre situation (à retrouver sur le site de l’Urssaf).

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FAQ sur les avantages de l’ACRE
L’Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise est un dispositif facilitant le lancement d’activités entrepreneuriales. Concrètement, avec l’Acre, l’entrepreneur paie moins de cotisations relatives à l’assurance maladie, aux prestations familiales et à la retraite de base durant la première année d’exercice. Les bénéficiaires peuvent ainsi consacrer davantage de ressources au développement de leur activité.
Lorsque vous effectuez une demande d’Acre, celle-ci est examinée sous 30 jours. A savoir : si après un mois vous n’avez obtenu aucune réponse, l’Acre est alors considérée comme accordée.
Le cumul ACRE et salaire dépend entièrement de votre situation professionnelle. Un demandeur d’emploi qui crée son entreprise peut bénéficier de l’exonération de cotisations sociales tout en percevant une rémunération de dirigeant.
L’aide reste exclusivement réservée aux créateurs éligibles selon les critères définis par l’Urssaf (cités plus haut). Cela peut concerner des salariés encore en poste qui installent leur entreprise dans un quartier prioritaire.
La durée de l’exonération dépend de la forme juridique de l’entreprise. Les micro-entrepreneurs bénéficient de l’aide jusqu’à la fin du 3ème trimestre civil complet suivant leur immatriculation. Cette période peut donc s’étendre sur 12 mois maximum selon la date de création. Si vous lancez votre activité en janvier, vous profiterez de l’exonération jusqu’en décembre de la même année.
Les créateurs d’entreprises individuelles classiques ou de sociétés bénéficient d’une durée fixe d’une année complète à compter du démarrage de leur activité.
Le saviez-vous ? Un délai de carence de 3 ans s’applique entre deux demandes d’Acre. Vous devez attendre cette période avant de pouvoir prétendre à nouveau à cette exonération pour une autre création d’entreprise.
Des acronymes proches, et pourtant, ce sont des dispositifs d’aides comportant des avantages bien différents. L’Acre offre une exonération de cotisations sociales pendant la première année d’activité tandis que l’Arce permet de toucher une somme d’argent de France Travail qui correspond à 60 % des allocations chômage restantes (versements en deux fois : au moment de la création de l’activité puis six mois après).
Les conditions pour en profiter sont également bien différentes : contrairement à l’Acre accessible à tous les créateurs et micro-entrepreneurs éligibles, l’Arce s’adresse exclusivement aux demandeurs d’emploi bénéficiaires de l’ARE.
Vous pouvez ainsi cumuler l’Acre et l’Arce : la première diminue vos charges sociales tandis que l’autre renforce votre capital de démarrage. Bien entendu, vous ne pourrez pas obtenir l’Arce et le maintien mensuel de vos allocations chômage