Créer une entreprise de VTC : les 3 erreurs à éviter absolument !

Mise à jour le 13/04/2017 3 min Marie-Laure Bouchet

 

La création d’entreprise chez les VTC est en très forte croissance, on en a déjà parlé sur ce plateau, il y a maintenant presque autant de VTC à PARIS que de taxi. En province, les réseaux de VTC sont en train de se développer très fortement. Alors quelles sont les erreurs les plus fréquentes quand on se lance en VTC ? Quels sont les secrets de ceux qui réussissent à en vivre confortablement ? Pour en parler, avec nous aujourd’hui, Xavier de Labarrière, expert-comptable chez Amarris Direct

Alors Xavier, je crois que chez Amarris Direct vous accompagnez plus d’une centaine de VTC maintenant … quelle sont les principales erreurs que peut faire un VTC qui se lance ?

Xavier de Labarrière : La première erreur, c’est de ne démarrer avec RIEN

Ce qui l’oblige à prendre son véhicule en LLD ; location longue durée.

Actuellement, la plupart des contrats de LLD qui leur sont proposés prévoient un loyer de 1.000 à 1.300 euros par mois pour un véhicule dont la valeur est comprise entre 15 et 20.000 euros.

S’il emprunte, en apportant par exemple 3.000 euros, le VTC pourra rembourser 300 à 350 euros par mois.

Ça fait une différence de revenu de 1000 euros par mois !

Et en plus de ça, dans la plupart des cas, le nombre de kilomètres en LLD est limité. Donc s’il dépasse la limite, le VTC verra son loyer augmenter.

Parce qu’un VTC sa gagne combien en moyenne par mois ?

X.d.L. : Un VTC, ca encaisse en moyenne 3000 euros par mois.

2500 pour ceux qui ont le plus de mal. 4000 euros pour les meilleurs.

A oui, donc avec 2.500 euros si vous versez un loyer de 1.000 euros et que vous payez l’essence, il ne reste pas grand-chose.

X.d.L. : Il ne vous reste presque rien, vous travaillez 10 h par jour, 6 jours par semaine et au final il va vous rester 400 € par mois. Vous travaillez pour 2 ou 3 € de l’heure !

Comment faire quand on n’a pas d’argent ?

X.d.L. : Vous l’avez compris, c’est LE piège.

Si vous n’avez pas d’argent, il faut en trouver pour aller voir une banque et monter un dossier pour financer l’achat de votre voiture.

Empruntez à des amis 3.000 euros, vous leur rembourserez en 3 mois et ensuite, vous gagnerez 1.000 euros de plus tous les mois.

C’est pas toujours simple, mais c’est la seule façon d’éviter le piège.

2ème erreur : vous m’avez dit, que beaucoup de vos clients VTC, manquaient d’ambition et travaillaient comme des salariés

X.d.L. : Oui, ils travaillent comme des salariés, c’est-à-dire pour 1 seul patron, 1 seule plateforme.

Aujourd’hui, avec le niveau des tarifs et la concurrence, on ne peut plus vivre correctement en travaillant pour une seule plateforme :

  • Soit on travaille pour plusieurs plateformes,
  • soit on se regroupe et on travaille sur une clientèle commune

Vous en voyez beaucoup qui se regroupent ?

X.d.L. : C’est ce que font de plus en plus de VTC. Ça leur permet d’avoir des revenus à la course plus élevés et une clientèle fidèle. Ça leur permet de créer de la valeur. Vous pouvez le faire seul, mais alors il faut être très très fort ou bon en communication.

3ème erreur : ceux qui démarre en autoentrepreneur

X.d.L. : Oui, c’est ça, une autoentreprise ne coûte presque rien à ouvrir et rien à fermer.

En plus, il n’y a pas de TVA à payer et le niveau des charges sociales est très faible.

C’est très bien mais ça présente 3 problèmes pour les VTC :

  1. Le premier, c’est que vous ne pouvez pas récupérer la TVA, ni sur l’achat de votre véhicule, ni sur vos frais de carburant ou d’entretien,
  1. Le deuxième, c’est que vous ne pouvez pas non plus déduire la commission que retient la plateforme de VTC. Je le rappelle, les impôts et taxes des autoentrepreneurs VTC doivent être calculées sur les courses payées par le client et non sur le montant que leur reverse la plateforme.
  1. Le troisième c’est que vous ne pouvez pas déduire le loyer de la LLD ni les intérêts d’emprunt si vous avez emprunté.

Donc si je comprends bien, celui qui commence en LLD et autoentrepreneur, il ne met pas toutes les chances de son côté…

X.d.L. : Oui, et pourtant c’est presque la moitié des VTC.

Avec la LLD, ils ont déjà du mal financièrement et avec en plus le statut de l’auto entrepreneur, ils payent des cotisations sur de l’argent qu’ils ne gardent pas, puisqu’ils le reversent ensuite au loueur de LLD

 

Article publié initialement le 25 novembre 2016

Marie-Laure Bouchet

Rédactrice économique, comptable et juridique, spécialisée dans les sujets relatifs à l’accompagnement des petites entreprises.

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