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Quelle rémunération pour les apporteurs d’affaires ?

Temps de lecture : 4 minutes

Publié le 09 mars 2023

Mis à jour le 19 février 2026

Marie-Laure Bouchet

rémunération apporteur d’affaires

L’apport d’affaires est pour nombre d’entreprise une source clé de développement. Toutes personnes physiques ou morales peuvent être apporteuses d’affaires auprès d’une tierce personne. La rémunération versée dans le cadre d’un apport d’affaires doit être versée avec précaution afin d’éviter toute requalification en contrat de travail et de voir les sommes versées requalifiées en salaires, avec évidemment des cotisations sociales à la clé !

Comment rémunérer un apporteur d’affaires ?

Dans tous les cas, la rémunération de l’apporteur d’affaires correspondra à une somme convenue à l’avance avec l’apporteur. Souvent un pourcentage de l’affaire conclue avec le client « apporté », mais cela peut être aussi un montant forfaitaire, du moment que les parties sont d’accord.

Concrètement, c’est assez simple, il y a deux cas de figure liés au statut de l’apporteur.

2 cas possibles pour rémunérer un apporteur d’affaires :

L’apporteur est une entreprise

    C’est le plus simple, que l’activité d’apport d’affaires soit l’activité principale de l’entreprise ou non, peu importe. Il suffit à l’apporteur d’éditer une facture au titre de l’apport d’affaires et c’est tout.

    De votre côté, vous réglez le montant de la facture, comme toute autre prestation.

    Il n’y a pas de cotisations sociales appliquées, il s’agit d’une dépense comme une autre, même si, in fine, il s’agit bien ici de rémunérer un apport d’affaires.

    L’apporteur d’affaires est une personne physique

      Il peut être salarié par ailleurs, ou pas. Dans tous les cas, il n’a pas de structure légale pour éditer une facture.

      Il peut toutefois percevoir cette rémunération d’apport d’affaires, indépendamment de ses autres revenus.

      Dans ce cas, la rémunération de l’apporteur d’affaires peut être soumise à cotisations sociales. Tout dépend du niveau de rémunération versée à l’apporteur.

      En tant que bénéficiaire des services de l’apporteur d’affaires, c’est à vous qu’incombent le calcul et le versement des cotisations dues sur sa rémunération.

      Montant de la rémunération annuelleCotisations sociales à verserCalcul détaillé
      Moins de 273,45 € (< 15% du SMIC mensuel) brut)Aucune cotisationPas d’obligation déclarative
      Entre 273,45 € et 2 734,50 € (15% à 150% du SMIC mensuel brut)Contribution libératoire de 20%20% sur la partie dépassant 273,45 €
      Plus de 2 734,50 € (> 150% du SMIC mensuel brut)Cotisations sociales classiquesEnviron 40% sur la partie dépassant 2 734,50 €

      Base de calcul : SMIC mensuel brut 2026 de 1 823,03 €

      💡 Points clés à retenir :

      • Ces seuils s’appliquent uniquement aux apporteurs d’affaires particuliers (personnes physiques sans entreprise)
      • Les montants sont calculés sur une année civile complète
      • C’est à vous, bénéficiaire des services, de calculer et verser les cotisations à l’Urssaf

      Conseils de notre expert-comptable au sujet de la rémunération de l’apport d’affaires

      Nathalie Menouard, expert-comptable chez Amarris Expertise Comptable vous explique les précautions à prendre en matière de rémunération d’apport d’affaires :

      Exemple et calcul concret

      Sur l’année 2026, vous avez conclu un accord avec un apporteur d’affaires n’ayant pas d’entreprise à son actif (c’est une personne physique). A chaque « client apporté », vous lui versez un pourcentage de l’affaire conclue.

      Cas 1 : votre apporteur vous apporte 2 clients :

      • en mai : 325 €
      • en septembre : 255 €

      Soit une rémunération d’apport d’affaires totale sur 2026 de : 580 €.

      580 – 273,45 = 306,55 €

      ➡️ Ce montant dépasse le seuil de 273,45 € de 306,55 € qui seront soumis à une contribution de 20 %, soit 61,31 €, arrondis à 61 €.

      Cas 2 : votre apporteur vous apporte 6 clients :

      • en mars : 485 €
      • en mai : 625 €
      • en juillet : 750 €
      • en septembre : 920 €
      • en novembre : 580 €

      Soit une rémunération d’apport d’affaires totale sur 2026 de : 3 360 €.

      Attention ! Le montant dépasse le seuil de 2 734,55 €. Vous basculez donc dans le régime des cotisations sociales classiques.

      Calcul des cotisations à verser :

      • Jusqu’à 273,45 € : 0 € de cotisation
      • De 273,45 € à 2 734,55 € : contribution libératoire de 20% = 492,22 €
      • Au-delà de 2 734,55 € : cotisations sociales d’environ 40% sur 625,45 € = 250,18 €

      Total des cotisations sociales à verser à l’Urssaf : 742,40 €

      Les services de votre apporteur d’affaires vous auront coûté au total 4 102,40 € (rémunération + cotisations).

      💡 Conseil Amarris : Dès que vous approchez de ce seuil, anticipez ! Une discussion avec votre apporteur pour répartir les commissions sur deux années civiles peut vous faire économiser plusieurs centaines d’euros de cotisations.

      Quelles sont les précautions à prendre pour rémunérer un apporteur d’affaires ?

      Bien souvent, l’apport d’affaires se décide de manière assez informelle. Vous vous mettez d’accord avec une entreprise ou une personne physique sur un montant de rémunération dans le cas où vous profiteriez d’une mise en relation concluante avec un ou plusieurs clients.

      Pour vous, le plus important est de connaître rapidement le statut juridique de votre interlocuteur. S’il a une entreprise, vous êtes tranquille, il n’y aura pas de cotisations sociales à régler sur la rémunération de l’apporteur d’affaires.

      Si ce n’est pas le cas, alors faites un rapide calcul avant de négocier l’accord d’apport d’affaires si vous souhaitez éviter de verser trop de cotisations sociales…

      rémunération apporteur d’affaires

      Faut-il toujours signer un contrat pour rémunérer un apporteur d’affaires ?

      On l’a déjà précisé, un accord informel peut très bien fonctionner. Mais il est parfois plus rassurant d’encadrer les choses par un contrat. Par exemple si l’apport est très régulier ou bien si vous ne connaissez pas vraiment votre interlocuteur.

      Comme tout contrat commercial, cet accord doit dans ce cas préciser : l’identité des parties, l’objet du contrat, la zone géographique concernée (où l’apporteur pourra être en position de prospecter), la durée du contrat, la description des clients à approcher, les produits et/ou services concernés, les conditions de rupture du contrat et la juridiction compétente s’il y a désaccord.

      Mais il détaillera également :

      • la mission de l’apporteur d’affaires,
      • les obligations et devoirs réciproques,
      • la valorisation du travail de l’apporteur : commissions ou rétributions, montants, conditions de versement, périodicité, etc.
      • éventuellement, une clause d’exclusivité,
      • éventuellement, une clause de non-concurrence, prenant effet à la fin du contrat,
      • et enfin, tout point que vous jugeriez nécessaire de préciser dans ce contrat qui vous lie à votre apporteur d’affaires.

      Que vous recouriez régulièrement ou ponctuellement aux services d’un ou plusieurs apporteurs d’affaires, pensez à préciser les sommes concernées à votre expert-comptable. Si vous avez le moindre doute quant au bon respect des règles en la matière, celui-ci pourra vérifier que vos pratiques sont bien en règles !

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      Article publié initialement le 9 mars 2023

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