Les frais de gestion des tickets restaurant représentent un coût incontournable pour les employeurs et les restaurateurs. Pour les entreprises, ces frais varient entre 1,5 % et 2 % du montant des titres commandés auprès des sociétés émettrices. Les restaurateurs supportent quant à eux des commissions comprises entre 3 % et 5 % du montant des transactions. Cette répartition des coûts soulève de nombreuses questions sur la comptabilisation et l’optimisation de ces charges obligatoires.
Définition et fonctionnement des tickets restaurant
Les tickets restaurant constituent un titre de paiement spécialement conçu pour permettre aux salariés de régler leurs repas lorsqu’ils ne disposent pas d’un restaurant d’entreprise. Ce système fonctionne grâce à un partenariat entre l’employeur et une société émettrice agréée comme Edenred, Swile ou Up.
Le mécanisme repose sur un financement partagée entre employeur et salarié. La participation patronale bénéficie d’une exonération de charges sociales dans certaines limites légales.
Les titres peuvent être distribués sous plusieurs formats :
- Chéquiers papier traditionnels (supprimés fin 2026)
- Cartes dématérialisées à puce
- Applications mobiles sur smartphone

Carte Edenred ou Swile, ticket Sodexo : qui sont les sociétés émettrices ?
Les sociétés émettrices représentent des entreprises privées agréées par la Commission Nationale des Titres-Restaurant (CNTR) pour créer et gérer les tickets restaurant. Quatre acteurs principaux dominent ce marché français :
- Edenred France ;
- Pluxee (ex-Sodexo) ;
- Swile ;
- Up.
Ces organisations jouent un rôle clé dans l’écosystème des avantages sociaux en entreprise. Elles assurent la fabrication des titres, leur distribution aux employeurs et garantissent le remboursement aux commerçants partenaires. Leur chiffre d’affaires provient principalement des commissions prélevées sur les transactions.
Chaque émetteur développe ses propres solutions numériques et applications mobiles pour moderniser la gestion des tickets. Cette concurrence bénéficie aux entreprises qui peuvent comparer les offres et négocier les conditions selon leurs besoins spécifiques.
Quels sont les frais de gestion appliqués par les sociétés émettrices de tickets restaurant aux restaurateurs et commerçants ?
Une commission en échange de prestations
Cette commission représente le coût facturé aux restaurateurs pour le service de traitement et de remboursement des titres-restaurant acceptés. Les entreprises remettent leurs titres collectés à la société émettrice, qui leur verse ensuite le montant facial diminué de cette commission.
Le processus s’avère automatisé pour les cartes dématérialisées : les fonds arrivent directement sur le compte bancaire du commerçant sous 24 à 48 heures. Pour les titres papier, le professionnel doit physiquement déposer ses tickets auprès de l’émetteur concerné.
Cette commission couvre plusieurs prestations : la garantie de paiement offerte aux commerçants, le traitement administratif des remises, les outils de gestion numérique et le service client. Les établissements à fort volume de transactions peuvent négocier des tarifs préférentiels avec les émetteurs.
Coût des frais de gestion des entreprises émettrices
Les émetteurs prélèvent une commission sur chaque transaction auprès des restaurateurs et commerçants qui acceptent les titres restaurant. Cette commission oscille généralement entre 3 % et 5 % du montant encaissé, constituant la principale source de revenus des sociétés émettrices comme Edenred, Up ou Swile.
Certains émetteurs ajoutent également des frais fixes par transaction, pouvant aller de 3 à 8 centimes par opération. Le taux de commission varie selon plusieurs critères : le volume de transactions du commerçant, le format choisi (papier ou dématérialisé) et les délais de remboursement acceptés.
➡️Par exemple, un restaurateur encaissant 1 000 € de titres restaurant avec une commission de 4 % recevra effectivement 960 € après déduction des frais.
Refuser les tickets restaurant pour éviter les frais de gestion : plus d’inconvénients que d’avantages en tant qu’établissement ?
Face à ces frais de gestion croissants, certains établissements choisissent de refuser purement et simplement les titres restaurant. Cette stratégie présente l’avantage immédiat d’éliminer toute commission sur les transactions concernées. La trésorerie s’améliore mécaniquement puisque les paiements en espèces ou carte bancaire arrivent sans délai ni prélèvement.
Néanmoins, cette décision comporte des risques commerciaux significatifs. Refuser ce moyen de paiement peut éloigner une clientèle fidèle, notamment les salariés des entreprises environnantes qui représentent souvent un segment important du chiffre d’affaires. La perte de pouvoir d’achat des consommateurs pourrait alors dépasser largement les économies réalisées sur les commissions.
⚠️Avant de trancher, mieux vaut évaluer l’importance des titres restaurant dans votre clientèle habituelle et calculer précisément l’impact financier réel de cette décision avec un expert-comptable spécialisé dans la restauration.
Quel est le coût d’un ticket restaurant pour l’employeur ?
Montant et plafond de la part employeur dans la valeur du titre-restaurant
La contribution patronale représente obligatoirement entre 50 % et 60 % de la valeur faciale de chaque titre restaurant. Pour un ticket de 10 €, l’employeur finance donc entre 5 € et 6 €. Cette participation aux frais de repas bénéficie d’une exonération maximale de charges sociales jusqu’à 7,32 € par titre en 2026, à condition de respecter cette fourchette réglementaire.
⚠️Attention : en tant que chef d’entreprise, vous n’êtes pas systématiquement éligible à cet avantage social. Consultez notre article sur les tickets restaurant pour les dirigeants pour en savoir plus.
Les frais de gestion de la société émettrice envers les employeurs
Au-delà de cette participation patronale, l’employeur doit prévoir les frais administratifs facturés par la société émettrice lors de la mise en place initiale des titres restaurant et chaque commande effectuée. Ces prestations annexes oscillent généralement entre 1 % et 3 % du montant total acheté et font augmenter le coût d’un ticket restaurant pour l’employeur.
➡️Exemple : pour une entreprise de 20 salariés avec des tickets de 10 € sur 220 journées de travail annuelles, le budget global atteint environ 26 400 € (participation à 60 %) plus 264 € de frais de gestion.
Quel compte comptable utiliser pour les frais de gestion des tickets restaurant ?
Les frais supplémentaires facturés par les sociétés émettrices lors de l’achat des titres restaurant se comptabilisent dans les comptes de la classe 62 « Autres services extérieurs ». Ces frais administratifs comprennent notamment les coûts de traitement, de livraison et parfois les frais de port.
Exemple détaillé de comptabilisation des frais de gestion
Exemple concret : une entreprise commande 1 000 tickets restaurant d’une valeur unitaire de 9 €. La société émettrice facture :
- Valeur faciale des tickets : 9 000 €
- Frais de gestion et traitement : 120 € HT
- TVA sur frais de gestion (20%) : 24 €
- Total facture : 9 144 €
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
| 437 | Autres organismes sociaux (valeur faciale) | 9 000 € | |
| 6226 | Honoraires (frais de gestion) | 120 € | |
| 44566 | TVA déductible sur ABS | 24 € | |
| 401 | Fournisseurs | 9 144 € |
Points importants
- La valeur faciale (9 000 €) est enregistrée au compte 437 car elle sera redistribuée aux salariés.
- Les frais de gestion (120 €) constituent une charge déductible de l’entreprise.
- La TVA sur les frais est récupérable, contrairement à la TVA sur la valeur faciale des tickets.
- Le choix du sous-compte 62 dépend de la nature exacte des frais facturés par l’émetteur.
Comment réduire les frais de gestion des tickets restaurant ?
Pour optimiser ces coûts, plusieurs leviers s’offrent à vous :
- négocier les tarifs avec les émetteurs ;
- privilégier la dématérialisation des titres ;
- maîtriser parfaitement les écritures comptables associées.
Prenez rendez-vous dès maintenant pour un diagnostic personnalisé et découvrez comment alléger vos charges tout en respectant vos obligations comptables et sociales.